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Les Enclaves

Les enclaves des Hautes-Pyrénées : une curiosité historique

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 Le département des Hautes-Pyrénées comporte la particularité administrative de posséder deux petits territoires dans le département voisin des Pyrénées Atlantiques.

Ces enclaves, localisées à 20 km de Tarbes et 25 km de Lourdes et Pau,regroupent cinq villages qui totalisent environ 1200 habitants : Gardères et Luquet constituent l’enclave sud  alors que Séron,

Escaunets et Villenave-près-Béarn forment l’enclave nord séparée de sa voisine par un couloir béarnais d’environ 400 m de large.

L’appartenance des cinq paroisses au diocèse de Tarbes a contribué également à faire perdurer l’attachement des habitants à la Bigorre et Bertrand Barère, qui en 1790 avait besoin de territoires pour constituer « son » département des Hautes-Pyrénées, a trouvé là des alliés déterminés.

Ainsi, cette singularité a donc traversé plus de 9 siècles d’histoire et résisté à toutes les tentatives de suppression par les adeptes de la logique administrative.

Sur place, elle a fait naître un sentiment d’identité que les habitants continuent à cultiver et à défendre, à l’heure où les regroupements administratifs sont plutôt d’actualité.

Plusieurs historiens se sont penchés sur cette « anomalie administrative ». Ils font remonter au XI e siècle cette survivance d’une division féodale mise en place à la fin du Haut Moyen-âge. Voici ce qu’en dit notamment Guy Cassagnet :

La clé des enclaves est détenue par Thalèze d’Aragon. Unique héritière du vicomté du Montanérès, qui était un territoire de la Bigorre dont faisait partie les cinq communes des enclaves, elle épouse en 1085 le vicomte de Béarn, Gaston IV le Croisé. Dans sa corbeille de mariage, elle apporte le Montanérès avec l’accord du comte de Bigorre qui tient toutefois à conserver la propriété des terres du plateau sur lesquelles se trouvent nos villages des enclaves.

Pour quelles raisons ?

A cette époque la capitale du Béarn est Morlaàs et le comte de Bigorre, disposant d’une tête de pont chez son voisin peut ainsi mieux le surveiller et se prévenir des agressions éventuelles. Sur un plan économique, le comte de Bigorre a pu vouloir conserver la garde de l’espace transhumant, du charbon de bois, des gisements de fer et des carrières d’argile qui faisaient la richesse du plateau.

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